Le sens de la vie

« Je n’ai créé les Djinns et les Hommes que pour M’adorer… »[1]

Que le peu de mots contenus dans ce verset ne te voilent pas des lumières qu’il jette dans l’obscurité de l’homme qui cherche sincèrement le sens de sa vie. Puisse-t-il éparpiller les doutes et les mensonges comme les vents éparpillent la poussière.

Cela peut paraître étrange à l’homme du XXIème siècle, confortablement installé dans les limites qu’on lui a imposées, de voir une réflexion s’appuyer sur un verset du Coran. Cher lecteur, si tu es concerné alors prends le temps de me lire. Si la recherche sincère du pourquoi de ta vie a un sens pour toi, apprends alors que la raison toute puissante a commencé à rendre ses armes. Non pas seulement qu’elle ait rencontré très rapidement des limites à son champ d’investigation qu’elle pensait illimité jusqu’à quelques décennies, mais encore que l’espace conquis dans lequel elle pensait gouverner sans partage est en train de s’effriter. Si tu cherches le sens de ta vie dans le microscope du biologiste, dans l’étude des trous noirs qui affolent actuellement la communauté scientifique, ou encore dans les productions netflix[2], alors cet article n’est pas pour toi. Si la méditation sur ta mort prochaine ne réveille aucune inquiétude alors tu peux poursuivre ton long sommeil. Pour les autres je nous invite à réfléchir à ces précieuses paroles d’Edgar Morin :

« Anomies, déviances, incertitudes, insatisfactions, aspirations, contradictions vécues peuvent s’associer en une sorte de force tourbillonnaire qui corrode de plus en plus profondément le socle de la connaissance établie, déterminant par là une radicalisation[3] croissante de la pensée. Dès lors, la pensée radicalisée attaque le fondement des théories, les axiomes réputés évidents, voire les paradigmes occultes qui gouvernent l’organisation des idées. […] Le penseur est cérébralement « chaud », alors que le milieu intellectuel, qui sécrète ses propres conformismes, est « froid ». Aussi, l’auteur d’une révolution intellectuelle peut se trouver exclu du milieu culturel qui l’a nourri. L’intelligentsia, y compris quand elle se croit rationnelle et non conformiste, va considérer le penseur comme un fou ou un traître et, dans un premier temps, rejeter avec mépris l’idée incongrue. »[4]

Ici, la seule révolution à laquelle je t’invite c’est celle de ta propre personne. Qui es-tu ? Pourquoi es-tu ? Où vas-tu ?

C’est donc sans aucune gêne que je m’appuie sur la dernière Révélation divine offerte à l’humanité pour éclairer son chemin.

Avant de vous livrer le fruit d’une méditation sur ce verset[5] j’aimerais vous inviter à une petite promenade. Nous sommes au printemps, les fleurs de toutes les couleurs commencent à sortir partout. Arrêtons-nous quelques minutes devant une de ces fleurs sur laquelle une abeille butine. Laissons-nous envahir par ce moment de sérénité. Invitons notre raison à participer à ce festin du cœur. Après tout il nous appartient de mettre à contribution tout ce que nous avons pour mieux comprendre le monde et pour toucher à la réponse sur le sens de la vie. L’homme qui agirait dans ce monde en se privant volontairement de l’usage de ses mains ou de ses pieds ou encore de la vue ou de l’ouïe serait qualifié de fou ! Regardons donc cette abeille et méditons…

« Une ouvrière vit de quatre à six semaines, sauf quand elle naît à la fin de l’été, car elle passe alors l’hiver en hibernation. Lors de sa courte vie, elle effectue des dizaines de tâches différentes, telles que le nettoyage de la ruche, le soin aux larves ou la collecte de nourriture. Au sein de la ruche, la plupart des tâches sont stéréotypées et déclenchées automatiquement par les stimulus (visuels, olfactifs…). En revanche, quand elle va butiner, l’abeille doit choisir des fleurs et naviguer dans un environnement complexe et changeant, conditions qui excluent les comportements stéréotypés.

Elle peut alors se repérer dans un rayon de plus de dix kilomètres de la ruche et mémoriser les caractéristiques des sources de nourriture visitées : emplacement, disponibilité temporelle (certaines fleurs produisent plus ou moins de nectar selon l’heure), qualité (concentration en sucre) … Les recherches récentes ont révélé les capacités cognitives mises en jeu lors de la collecte de nourriture. Elles sont d’autant plus étonnantes que l’abeille a un cerveau minuscule : 960 000 neurones qui tiennent dans moins d’un millimètre cube, contre 100 milliards pour l’être humain. »[6]

Aujourd’hui on s’inquiète de la disparition des abeilles[7] qui ne nous apportent pas seulement du miel mais qui jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des arbres et des fleurs. Cette abeille que nous regardons est très occupée, elle ne nous remarque même pas. Elle participe à l’harmonie de ce monde…

Mais il se fait déjà tard et la nuit tombe. Le ciel est clair, c’est le moment pour une nouvelle méditation. Allongeons-nous sur le dos et regardons la voûte céleste avec ces milliards d’étoiles. Si tu t’es laissé envahir par cette immensité, alors ferme les yeux et écoute :

Il y a peu de temps nous avons découvert l’existence de trous noirs. Sais-tu ce que c’est ? Tu sais probablement pourquoi on les appelle ainsi ? Il s’agit d’une étoile immense qui est morte et dont la force gravitationnelle l’a faite s’effondrer sur elle-même. Pas plus grand qu’un arrondissement de Paris, sa densité est telle qu’une cuillère à soupe de sa matière pèserait plusieurs millions de tonnes selon les recherches scientifiques récentes. Mais le plus intéressant et le plus extraordinaire c’est que sa force de gravitation est telle que la lumière n’arrive pas à s’en échapper, les photons sont littéralement aspirés. Or nous ne pouvons que constater un trou noir à cet emplacement dans la mesure où notre connaissance s’arrête à la lisière de ce que notre vision nous rapporte. Nous n’avons déduit l’existence de ce trou noir que par des conséquences indirectes. C’est par la vue de ce qui est autour qu’on peut en déduire son existence. Ta raison commence-t-elle à vibrer un peu en diapason avec ton cœur ? Accepte-t-elle de ne pas s’en remettre entièrement à ses sens pour découvrir son sens ?[8]

La promenade pourrait se poursuivre, certains sont d’éternels promeneurs, le cœur en éveil, ils saisissent chaque instant pour entrer en communion avec l’univers.

Mais la réalité de mon article me contraint à tenir ma promesse, livrer le fruit de ma méditation sur ce verset : « Je n’ai créé les Djinns et les Hommes que pour M’adorer… »

Lors de notre promenade, notamment devant cette abeille, nous avons pu voir que ce qui nous entoure est très subtil, a un sens et un rôle bien précis. Et si nous poussions la réflexion plus loin et multipliions encore et encore les observations de ce qui entoure l’homme, l’alternance des nuits et des jours, les saisons, le cycle de l’eau, la diversité de la faune et de la flore, nous prendrions conscience qu’ils sont tous assujettis à l’homme.

Un chien de garde sait bien pourquoi il est là. Dès qu’il crée le lien avec son maître, il est tout de suite porté à son rôle naturel, le sens de son existence, servir l’être humain. Ce n’est pas la peur qui le meut mais bien un sens de fidélité nulle part autant vérifié dans le monde des animaux.

Maintenant j’aimerais parler de toi, cher lecteur. Même si tu es le plus grand agnostique, admets juste un instant que Dieu est bel et bien présent et qu’Il nous a créés ainsi que tout ce qui nous entoure. Si tout ce que nous avons découvert jusqu’à présent est à notre service, un monde si fin et si subtil, paisible et rassurant comme le chant d’un oiseau ou effrayant comme le bruit du tonnerre ou encore un tsunami, mais alors quel est notre rôle dans tout ce décor ? Pourquoi existons-nous ? Quel est le sens de notre vie ? Nous sommes les seules créatures conscientes de notre sort ! Nous sommes nés donc nous mourrons. Pourquoi cette conscience qui rend insupportable l’idée de mourir ? Quelle est la volonté de Celui qui nous a inscrits dans ce décor ?

Ces questions dérangent et « la pression est grande car les convictions de l’athéisme sont encore sur la défensive et s’exprimaient encore récemment, avec une sérénité qui ne semble pas visitée par le doute, par la bouche d’un Jacques Monod, médecin prix Nobel français mort en 1976. Celui-ci qui a élucidé le mécanisme de la régulation génétique au niveau cellulaire, est passé sans même avoir pensé à éclairer le mystère de sa propre existence :

« L’homme sait enfin, écrit-il, qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers dont il a émergé par hasard. Il sait maintenant que, comme un tzigane, il est en marge de l’univers où il doit vivre, univers sourd à sa musique, indifférent à ses espoirs comme à ses souffrances ou à ses crimes. » »[9][10]

Si, comme moi, cette réponse ne te satisfait pas alors mes questions deviennent légitimes.

Et si Dieu était au contraire très attentif[11] à Sa création ?

Quel rôle nous a-t-il accordé ?

Qui d’autre que le Créateur Lui-même pourrait nous apporter une réponse ?

« Je n’ai créé les Djinns et les Hommes que pour M’adorer… »

Cher lecteur, écoute et savoure la réponse. Tu étais inquiet quant à ta place dans cet univers ? On t’a longtemps menti sur le fait que tu ne valais pas grand-chose, un singe un peu plus évolué tout au plus ? Tu paies cher depuis les conséquences de cette vision du monde ? On t’a volé définitivement l’espoir de la vie après la mort ?

Écoute donc la bonne nouvelle venant du Créateur Lui-même. Le sens de ta création c’est d’être pour le Créateur quand l’ensemble de la création est pour toi. Si cette création autour de toi t’émerveille, sache que Celui qui a voulu t’émerveiller et a créé pour toi tout cela, eh bien Il s’est créé pour Lui-même ta propre personne. Tu n’es pas rien, tu as en toi un secret, tout au fond de toi. Tant que tu n’auras pas expérimenté ce voyage vers Lui et que tu n’es pas entré en harmonie avec Lui dans un lien d’amour, d’attention, de respect, de souci de Le rendre satisfait, tu ne connaîtras pas la vraie paix, celle qui ne te quittera plus et même dans tes derniers instants sur terre. Sans cela tu ne connaîtras pas toute la force de ton existence et le miracle de ta création. Tu resteras avec les aveugles qui te persuadent depuis toujours que tu n’as pas d’yeux et que tu arraches de tes propres mains pour mieux leur ressembler…

Mais cette histoire qui prolonge ta promenade dans un nouveau temps, une nouvelle vision du monde, un nouvel état, c’est une autre histoire, que tous les mots du monde ne sauraient te conter si ce n’est de l’emprunter toi-même, après tout, qu’as-tu à perdre… ?


[1]وَمَا خَلَقۡتُ ٱلۡجِنَّ وَٱلۡإِنسَ إِلَّا لِيَعۡبُدُونِ :Coran, sourate 51 Dhariyates (les vents), verset 56, essai de traduction du sens.

[2]Entreprise qui propose un service internet de vidéo à la demande et qui inonde l’humanité de ses séries.

[3]Ici il faut entendre que la pensée s’aventure en des endroits où elle n’est pas la bienvenue. En effet, elle se dirige vers les racines même des paradigmes d’où elle s’éloigne pour oser une nouvelle vision du monde.

[4]Morin Edgar, La Méthode, Tome 4, Les idées, leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation, édition Seuil, p 51

[5]Dieu dit dans le Coran dans cette traduction approchée : « Ne méditent-ils donc pas le Coran ? Où y a-t-il des cadenas sur leurs cœurs ? » Sourate 47, verset 24

[6]https://www.pourlascience.fr/sd/psychologie/lintelligence-des-abeilles-7380.php

[7]Lié à l’usage intensif des insecticides.

[8]A la cité des sciences, actuellement, une magnifique projection des trous noirs au planétarium avec les découvertes scientifiques les plus récentes. http://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/science-actualites/expo-dossiers/trous-noirs-une-etrangete-cosmique/

[9]YASSINE Abdessalam, Islamiser la modernité. Edition al Ofok impressions. Mars 1998. P158 et 159.

[10]L’auteur donne la référence de sa citation de Jacques Monod : La société en quête de valeurs, Editions Laurent de Mesnil, Paris, 1996, page 209.

[11]« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi… alors Je suis tout proche : Je répond à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu’Ils répondent à Mon appel, et qu’ils croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés » Coran, verset 186, sourate 2.

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